Le taux d’usure, qui correspond au taux maximum au-delà duquel les banques ne peuvent pas accorder de prêts immobiliers, a été publié dans le Journal Officiel ce jeudi. Il est en hausse et passera à 4,52 % pour un prêt immobilier sur vingt ans et plus, contre 4,24 % le mois précédent. Cette augmentation de 28 points de base est la plus forte de l’année et marque la première fois depuis 2015 que le taux d’usure dépasse les 4,5 %. Depuis janvier, il a augmenté de 95 points de base.

Malgré cette hausse, les courtiers considèrent que chaque augmentation du taux d’usure est une bonne nouvelle, car cela permet aux banques de prêter à un prix juste en tenant compte des taux auxquels elles empruntent. Selon la directrice de la communication du courtier Meilleurtaux, la révision mensuelle des taux d’usure “a permis une vraie amélioration avec des taux plafonds qui, mois après mois, deviennent moins bloquants et devraient permettre théoriquement de financer davantage d’emprunteurs”. Julie Bachet, directrice générale du courtier Vousfinancer, ajoute que cela permet également de “fluidifier un peu l’accès au crédit”.
Cette hausse du taux d’usure est la conséquence du resserrement monétaire initié par la Banque centrale européenne, qui a fait grimper les coûts de refinancement des banques. Le taux d’usure initialement révisé tous les trois mois empêchait les banques de remonter plus rapidement les taux proposés aux emprunteurs. Pour accélérer le rythme des hausses, la Banque de France a décidé de le réviser tous les mois jusqu’au 1er juillet. Les banques se calent généralement sur le taux d’usure, car elles produisent sinon à perte, selon un responsable dans une banque.
Cependant, malgré la remontée mensuelle du taux d’usure, les courtiers estiment que cela reste insuffisant pour permettre à davantage d’emprunteurs d’avoir accès au crédit. Ils proposent de revoir les critères d’octroi, qui ont été définis en 2022 par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) et qui limitent le taux d’endettement des ménages à 35 % et la durée des prêts à 25 ans. La Banque de France s’oppose à cette idée, craignant que cela ne pousse de nombreux ménages dans le surendettement. Les banques peuvent toutefois déroger à ces critères sur 20 % de leur production chaque mois, à condition que la majeure partie (80 %) de ces dérogations soit consacrée à des dossiers de résidence principale, dont 30 % de primo-accédants. Le ministère des Finances serait favorable à décloisonner ces exigences pour laisser les banques prêter à qui elles veulent.
Une autre piste pourrait être de faire évoluer le prêt…