Les propriétaires immobiliers ne sont pas prêts de voir une réduction significative de leurs impôts locaux, car l’augmentation de la taxe foncière annule en grande partie l’impact de la suppression de la taxe d’habitation.
Le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, a récemment rappelé lors du lancement de la campagne de déclaration des revenus 2023, le 20 avril dernier, que la suppression de la taxe d’habitation pour la résidence principale sera pleinement effective cette année-là. Cette mesure, qui concerne tant les propriétaires occupants que les locataires, se traduit par une économie moyenne de 738 € par foyer et par an.
Bien que la suppression de la taxe d’habitation pour la résidence principale se traduise par une économie d’impôt appréciable, celle-ci est en partie annulée par l’augmentation de la taxe foncière, une taxe due par tous les propriétaires de biens immobiliers. Au cours des dix dernières années, cette taxe a bondi de 25%, soit trois fois l’inflation et trois fois l’augmentation des loyers. Pour la seule année 2022, la taxe foncière a augmenté de 4,7% dans les 200 villes les plus peuplées de France, atteignant jusqu’à près de 24% dans des villes comme Poissy (Yvelines), 19% à Martigues et 16% à Tours.
La taxe foncière a augmenté de plus de 10% dans pas moins de 14 grandes villes. Selon l’Union Nationale des Propriétaires Immobiliers (Unpi), les propriétaires en France paient en moyenne l’équivalent de 2,4 mois de loyers en taxe foncière. Cette flambée des taxes foncières est due en grande partie à la revalorisation annuelle et automatique des bases locatives, qui sert de base de calcul pour cette taxe. En 2022, cette revalorisation a été de 3,4%, la plus forte augmentation depuis 1989. Le gouvernement a déjà annoncé que cette inflation galopante pourrait encore entraîner une augmentation de 7% des taxes foncières en 2023.
En outre, de nombreuses communes ont augmenté leur taux communal, qui influence le montant final de la taxe foncière, de 11,3% en moyenne depuis 2011. C’est désormais le seul levier fiscal dont disposent les communes pour augmenter les impôts locaux. Cette tendance à la hausse ne devrait pas s’arrêter de sitôt. À titre d’exemple, fin novembre 2022, la Ville de Paris a voté une augmentation de 53% de son taux pour la taxe foncière de 2023. Pour un appartement de 100 m², cela représente un surcoût de 429€.
Il convient également de noter que la suppression de la taxe d’habitation ne concerne pas les propriétaires de résidences secondaires, qui restent redevables de cette taxe. Certaines villes en zone tendue ont même instauré une surtaxe pouvant atteindre 60% en sus de la taxe d’habitation.