Standardisation, préfabrication, maquette numérique, les professionnels du bâtiment multiplient les pistes pour freiner la hausse des prix de la construction et relancer la production de logements. Mais la crise du logement ne pourra être résolue sans traiter les sujets délicats en amont, tels que le financement, l’accession à la propriété ou l’accès au foncier.
En raison de l’inflation, notamment celle des matériaux de construction, les professionnels du bâtiment rencontrent des difficultés croissantes pour freiner la hausse des prix de la construction et stimuler la production de logements.
Il s’agit d’une préoccupation persistante : comment enrayer la hausse constante des prix de la construction et relancer une production de logements qui stagne ? Cette pression sur les prix est exacerbée par l’inflation des matériaux de construction, ce qui fragilise le secteur du bâtiment qui doit également composer avec l’impact inflationniste de la RE2020, la nouvelle réglementation environnementale pour la construction neuve mise en place l’année dernière.
Les acteurs du bâtiment et de l’immobilier redoublent d’efforts pour répondre à une contrainte forte : la hausse continue des prix de la construction, alimentée notamment par l’inflation des matériaux. Pour relancer la production de logements, certains suggèrent une nouvelle approche, qui consisterait à standardiser la construction et à opter pour des solutions préfabriquées en usine pour générer des économies d’échelle.
Pour certains professionnels, la question cruciale est de savoir comment industrialiser la construction de logements tout en préservant la qualité de vie des habitants, en évitant par exemple de reproduire les erreurs des années 1960-1970, lorsque la France a bâti des logements en série, dénués de personnalité, pour répondre à l’augmentation de la population. D’autres estiment qu’il est nécessaire de revenir à la base en standardisant la construction, tout en conservant le savoir-faire architectural. Cette approche permettrait de réduire les coûts grâce à la répétition des projets. Enfin la rationalisation de la construction passant par des projets facilement duplicables est à l’étude chez certains groupes, en collaboration avec les architectes pour évaluer la mise en œuvre cette démarche.
Un autre point auxquels les promoteurs réfléchissent est leur faculté de mener à terme la conception des projets avant de les lancer. De nombreux projets sont lancés sans que les études aient été suffisamment approfondies, cela étant souvent le fruit de démarches administratives très longues.
Le débat sur la simplification du permis de construire est plus pertinent que jamais. Pour de nombreux acteurs du secteur, une solution serait d’instaurer un permis de construire en fonction de la taille du bâtiment, en amont des études techniques. Cela permettrait de réduire les aléas administratifs et de mener les études techniques sur l’intérieur du bâtiment de manière plus sereine.
D’autre part, la préfabrication ou la fabrication en dehors du chantier, qui implique l’industrialisation de certains éléments de la construction, semble être une solution prometteuse. Pour beaucoup de professionnels, la préfabrication permettrait de réduire les délais, les déchets et bien souvent d’améliorer la qualité. La construction modulaire, qui implique la réalisation de modules complets ou presque qui sont ensuite intégrés sur le chantier, pourrait également être une solution, même si cela peut limiter la créativité architecturale.
Les promoteurs les plus avancés sur la question pensent qu’il faut aller plus loin dans la préfabrication en s’inspirant de l’industrie automobile, en standardisant les éléments à l’intérieur du bâtiment et en adoptant les extérieurs selon chaque projet. La préfabrication est une idée ancienne mais cela nécessite des investissements et un marché solide. La RE2020 introduit de nouveaux matériaux de construction et équipements, ce qui rend les acteurs du secteur prudents quant à l’avenir de tels process.
Une autre approche est mise sur la table : celle de construire localement en utilisant les ressources disponibles sur place, ne serait-ce que pour réduire les coûts de transport. Certains n’y croient pas car il y a des enjeux de filières, dont certaines sont trop fragiles, surtout dans certaines régions.
Le recours à la maquette numérique, appelée BIM (Building Information Modeling) divise encore les professionnels du secteur. Bien que cet outil numérique puisse améliorer l’efficacité opérationnelle en optimisant la conception, son utilisation nécessite un investissement important ainsi que des compétences et formations spécifiques.
En conclusion, les professionnels s’accordent sur le fait que le bâtiment peut gagner en productivité, mais la crise du logement ne se résoudra pas sans traiter les sujets délicats en amont tels que le financement, l’accession à la propriété ou l’accès au foncier.